Axe 3

 

La construction d’une action post-inondation : quels temps d’actions possibles ?


Peu anticipée et complexe,la post-catastrophe est marquée par la participation d’un large panel d’acteurs et le souhait commun d’un retour à l’état ante-catastrophe, amenant une reconstruction à l’identique. La période « post-crue » pourrait cependant constituer une opportunité de réaménager un territoire sinistré afin de réduire sa vulnérabilité vis-à-vis d’un nouvel événement. Les nombreux retours d’expériences réalisés au cours des quinze dernières années à la suite d’importantes inondations en France (e.g., l’Aude en 1999, le Gard en 2002, la basse vallée du Rhône en 2003,...) mais aussi à l’étranger comme Katrina en 2005 à la Nouvelle- Orléans et tout récemment Sandy en 2012 à New York montrent ainsi que la phase de « reconstruction » revêt un enjeu crucial pour la réduction de vulnérabilité des territoires sinistrés. S’il n’y a plus de danger immédiat pesant sur les vies humaines ou les biens, les conditions de reconstruction d’un territoire peuvent avoir de lourds impacts sur sa trajectoire de développement et sa vulnérabilité future (retour des habitants et reprises des activités économiques retardés, impact sur l’image et l’attractivité du territoire, etc.). Récemment, l’ONU a affirmé l’enjeu que revêt le renforcement de l’état de préparation aux catastrophes pour intervenir de manière efficace et « reconstruire en mieux » durant la phase de relèvement, de remise en état et de reconstruction (UNISDR, 2015).

Cette problématique questionnée dans l’axe 3 du projet de recherche RAITAP interroge l’opportunité que la phase de reconstruction du territoire, qui suit la décrue, puisse viser, outre un retour à la normale rapide, un objectif de réduction de la vulnérabilité territoriale. Afin d’explorer cette hypothèse, ce travail consiste à expliciter les caractéristiques de la phase post-catastrophe par une approche historique et par une analyse de son déroulement, éclairée par plusieurs retours d’expériences. Ce raisonnement vise enfin à explorer les notions de reconstruction ou relèvement du territoire et à nous interroger sur la faisabilité, la pertinence et l’acceptabilité de concilier les enjeux immédiats d’un retour à la normal rapide et ceux de moyen terme de réduction de vulnérabilité. Afin d’explorer cette hypothèse, notre recherche se propose d’analyser sur 3 événements (Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec) en 1996, la Somme en 2001 et le Gard en 2002) le déroulement de la période post-crue (temps d’action) et ses modes d’actions possibles afin de :

  • retracer la chronologie de l’organisation des différents acteurs, des mesures mises en œuvre ou encore de flux financiers,
  • et de définir la notion de « reconstruction » et de ses variantes dans le contexte de la phase post-crue.



Contacts :

Denis CROZIER, Département Villes et Territoires (denis.crozier@cerema.fr)