Un doctorant du Cerema primé au congrès de la Société Française pour l’Etude du Comportement Animal

publié le 29 mai 2017

Un colloque sur la biologie du comportement des animaux

La Société Française pour l’Etude du Comportement Animal a pour objectif de promouvoir les recherches dans le domaine de la biologie du comportement, de favoriser les échanges entre les disciplines concernées et d’encourager la diffusion des connaissances.

Deux Prix Castor sont remis lors du colloque annuel pour récompenser la meilleure communication orale et la meilleure communication affichée présentées par des étudiants. Les critères de jugement sont la rigueur et l’originalité du travail, la portée des résultats, l’organisation de la présentation et la qualité des supports visuels.

La reconnaissance acoustique des baleines

L’intervention de Benjamin a reçu le prix de la meilleure communication orale et portait sur la discrimination vocale de différents écotypes d’orques par les baleines à bosse. Dans ce travail de doctorat porté par Benjamin, nos expériences de playbacks démontrent que les baleines sont en effet capables par écoute passive de leur environnement de faire la différence entre des sons d’orques se nourrissant de poissons pour qui elles montrent une attraction, de sons d’orques se nourrissant de mammifères marins (simulant la présence d’un potentiel prédateur) à caractère aversif. Ceci démontre les hautes capacités de discrimination acoustique des baleines qui leur permettent d’identifier les éléments de leur environnement et d’ajuster leur comportement.

Ce travail s’inscrit dans le projet IBAM (Impact des bruits anthropogéniques sur les mammifères marins). En effet, la caractérisation du changement de comportement des animaux en réponse à des stimuli stressants naturels permet d’indexer leur réponse face à des stimuli anthropiques tels que le sonar.

Outre la preuve d’une plasticité comportementale chez ces cétacés en fonction du degré de perturbation perçu au travers de l’écoute des sons de l’environnement, une des applications directes d’un point de vue conservation et protection des espèces est l’identification de signaux naturels attractifs et répulsifs qui peuvent être utilisés en prévention d’échouages par exemple.

C’est d’ailleurs pour ce type d’application que Charlotte Curé s’est rendue en Norvège le week-end suivant ce congrès, pour participer à une opération de sauvetage d’orques coincées dans une baie et où les playbacks de sons attractifs les ont probablement aidées à franchir un détroit qu’elles n’arrivaient pas à passer.
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